mardi 10 novembre 2015

LES PREOCCUPATIONS DES CHEFS D'ENTREPRISE

LES PRÉOCCUPATIONS DES CHEFS D'ENTREPRISE

Crédit photo © Martinan - Fotolia.com


Le deuxième Baromètre AXA sur les préoccupations des chefs d'entreprise vient de paraître. Il s'agit d'une étude annuelle, réalisée auprès d'un échantillon de 500 chefs d'entreprise représentatifs. L'enquête téléphonique a été menée par IPSOS du 11 mai au 16 juin 2015, auprès de dirigeants d'entreprise de 10 à 500 salariés.

POINT POSITIF : La régularité de cette enquête permet de mettre en évidence des tendances.

POINT NÉGATIF : L'échantillon ne prend pas en compte les entreprises de moins de 10 salariés et occulte ainsi de l'enquête 90 % des entreprises. Or ces entreprises de moins de 10 salariés, les TPE, représentent le seul véritable gisement potentiel d'emploi en France.

Leur entreprise : plutôt positif.
  • Plus de la moitié des chefs d'entreprise déclarent que leur entreprise se porte bien ou très bien, ils sont même un tiers à estimer que leur entreprise va connaître une vraie croissance ou aller mieux.
L'image des patrons de PME : un manque évident de reconnaissance.
  • Presque tous les patrons de PME pensent qu'ils devraient être davantage valorisés dans la société et plus des deux tiers considèrent qu'ils sont souvent perçus à tort comme bien payés.
  • Pour une large majorité d'entre eux, le chef d'entreprise de PME a perdu l'image valorisante qu'il avait dans la société.
Les principales difficultés : fiscalité, réglementation, incertitude.
  • Le poids de la fiscalité (au sens large fiscalité et charges sociales), sa complexité et son incertitude posent de réels problèmes aux chefs d'entreprise. Entre les déclarations tonitruantes de certains députés qui voudraient remettre en question certaines mesures en faveur des entreprises (lien), et le récent report de l'entrée en application de l'allègement des cotisations sur les salaires (déclaration de Michel Sapin), on comprend que les chefs d'entreprise soient prudents.
  • La complexité de la réglementation et son manque de visibilité constituent la deuxième source de difficultés.
  • Enfin pour 80 % des dirigeants, le manque de visibilité sur la situation économique pose un véritable problème.Comment investir ou recruter, lorsque l'entreprise n'a aucune visibilité sur son carnet de commande ?
Emploi :
  • Plus de deux tiers des chefs d'entreprise ont pour objectif de recruter dans les trois prochaines années, mais pour recruter l'entreprise doit en avoir besoin.
Les préoccupations : le risque client au sens large constitue le principal risque identifié par les patrons de PME.
  • Les risques de perte de marché en raison de l'arrivée de nouveaux acteurs très concurrentiels, ou pour cause d'une baisse des prix, préoccupent les 3/4 des dirigeants interrogés. En revanche, IPSOS n'a pas interrogé les chefs d'entreprise sur la santé de leurs clients et les risques induits sur l'évolution de leur CA. L'enquête réalisée par les Experts-Comptables est édifiante.
 L'Ordre des Experts-Comptables a publié en juillet dernier son baromètre sur l'activité des TPME. La situation des entreprises de moins de 9 salariés est mauvaise, très mauvaise. Baromètre des Experts-Comptables : lien

  • Impayés : 66 % des dirigeants sont préoccupés par les risques liés aux factures impayées.
  • Trésorerie : L'enquête fait état d'une amélioration de la trésorerie des PME, mais 65 %  restent inquiets par leur trésorerie ( ou son absence). Un tiers des TPME n'ont pas de trésorerie.
L'allongement des retards de paiement et la forte augmentation du nombre d'entreprises payant leur fournisseurs avec plus de 30 jours de retard ont tout pour inquiéter les dirigeants des PME. Le recours à l'assurance-crédit est peu développé et beaucoup de clients ne seraient pas couverts. L'organisation du recouvrement de créances demeure perfectible dans la plupart des entreprises.

La place accordée à internet est en forte augmentation dans ces entreprises. 

Près de 60 % des patrons de PME sont connectés à des réseaux sociaux : Sur ce point, s'ils sont de plus en plus nombreux à être connectés, l'enquête d'IPSOS reste très généraliste. De quels réseaux s'agit-il ? Pour quel usage ?

En dehors de certains professionnels libéraux, les réseaux sociaux professionnels sont peu utilisés par les dirigeants, et quand ils le sont, c'est à minima : un compte gratuit, pas de photo, pas d'adresse, pas de téléphone...

Le baromètre AXA révèle que 44 % des dirigeants de PME sont concernés par les évolutions liées à l'importance croissante du digital, et qu'ils sont 36 % à faire du développement de l'offre en ligne et du digital, un de leurs principaux objectifs pour l'avenir.

--> Donc près des deux tiers des chefs d'entreprise de PME ne le sont pas ! 

Rappelons que les chefs d'entreprise interrogés dirigent des PME de 10 à 500 salariés. Quels seraient les pourcentages si l'on avait interrogé les dirigeants de TPE de moins de 10 salariés ?

En mai 2014, Gilles Fontaine, Rédacteur en chef délégué du magazine Challenges sonnait la sonnette d'alarme, dans un article intitulé "Pourquoi les français sont nuls sur internet ?". L'immense majorité des entreprises françaises n'ont pas de site internet. Une grande majorité de dirigeants utilisent "encore" des adresses e-mail fournies par leur fournisseur d'accès ou des adresses gratuites. Les extensions @wanadoo.fr @orange.fr @free.fr @yahoo.fr @gmail.com n'ont rien de professionnelles. La France ne compterait que 7 millions de noms de domaine enregistrés contre 25 millions en Allemagne. Pour le nombre de sites internet, c'est pire : 2,5 millions contre 15 millions outre Rhin.

De plus beaucoup de ces sites sont statiques, voire morts : pas d'information à jour, aucune actualité, des annonces pour des événements passés. Enfin, les sites sont souvent très mal référencés, donc invisibles sur le web.

Pour les dirigeants interrogés, les risques liés au numérique sont surtout ceux relatifs à l'image et à la réputation de l'entreprise sur internet et les réseaux sociaux. Un entreprise sur deux ne perçoit pas de cyber risque. L'enquête IPSOS-NAVISTA nous révèle l'ampleur de l'insécurité informatique des PME française.





Enfin, le réchauffement climatique et la COP 21 ne concernent que 56 % des chefs d'entreprise. Plus des deux tiers des chefs d'entreprise déclarent avoir pris des mesures liées aux déchets ou aux produits utilisés.





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