jeudi 13 mars 2014

BESOINS DE FINANCEMENT INSATISFAITS

20EME BAROMÈTRE IFOP KPMG CGPME

Crédit Photo© Martinan - Fotolia.com


Depuis 5 ans la CGPME réalise avec KPMG, un suivi trimestriel des difficultés des entreprises.

Le constat de cette 20ème édition du baromètre KPMG est amer et la défiance est une nouvelle fois au rendez-vous :

90 % des chefs d'entreprise sont inquiets pour le devenir de la France.
60 % le sont pour l'activité de leur entreprise dans les mois à venir.

Ce pourcentage atteint 65 % chez les patrons du BTP et 71 % dans le monde rural.


A l'occasion de la sortie de ce baromètre, Stéphane Soumier a interviewé le Président de la CGPME, Jean-François ROUBAUD, dans son émission Good Morning Business sur BFM.

Il rappelle que le sondage a été réalisé avant les vœux de François Hollande où a été annoncé le Pacte de Responsabilité. Le discours change, pour une stratégie de l'offre mais le Chef de l’État ne fait pas confiance aux entreprises. Il veut des contreparties. Après l'effet d'annonce, les chefs d'entreprises attendent des actes et s'interrogent sur la forme des aides annoncées : Quel crédit d'impôt ? Quelle baisse des charges ? Quelles contreparties ? Que deviendraient les allègements Fillon ?

Le Baromètre KPMG relève 3 sources de difficultés financières pour les PME :
  • 54 % des patrons interrogés font face à une baisse du chiffre d'affaires.
  • 48 % subissent une hausse des coûts.
  • 36 % sont confrontés à des difficultés de trésorerie.
Seuls 5 % des chefs d'entreprise annoncent des difficultés avec leur assureur-crédit... mais l'immense majorité des PME ne souscrivent pas de contrat d'assurance-crédit.

Accès au crédit :

C'est certainement sur ce point, qu'il existe des divergences de vues entre le ressenti des dirigeants de PME et les études réalisées par la Banque de France. Ainsi, la Banque de France n'identifie pas de détérioration de l'accès au crédit alors que 63 % des chefs d'entreprise constatent l'impact négatif de la situation économique sur l'accès au crédit.

Dans certaines entreprises et certains secteurs d'activité, cet impact est encore plus fort. C'est le cas des TPE et des petites PME de moins de 50 salariés, où 68 % des chefs d'entreprise subissent des difficultés dans l'accès au crédit. Pour les PME industrielles, l'enquête relève le chiffre de 74 %. Les entreprises implantées dans des communes rurales sont encore plus touchées : 78 %.

Il est important de comprendre que de très nombreux chefs d'entreprise ne vont pas demander un crédit ou un financement à une banque s'ils sont persuadés qu'il sera refusé ! Enfin, ces TPE et petites PME (les plus touchées par ces difficultés) représentent plus de 95 % des entreprises.

Jean-François ROUBAUD souligne que 67 % des patrons sont inquiets pour leurs besoins de financement.


Les besoins de crédit pour le financement des investissements sont majoritairement des besoins de remplacement ou d'entretien du matériel et des locaux (58 %) et des besoins d'équipement (45 %).

Les patrons interrogés sont de plus en plus nombreux à restreindre leurs investissements.
 
38 % des chefs d'entreprises réduisent leurs investissements et leurs demandes de financement, en raison des difficultés d'accès au crédit.

Les relations avec les banques se détériorent :

77 % des chefs d'entreprise constatent des mesures de durcissement des conditions de financement :
  • Un dirigeant sur deux constate que le financement accordé n'est que partiel ou les frais sont plus élevés.
  • Des demandes de garanties supplémentaires sont exigées dans 41 % des cas.
  • Pour 32 % des dossiers, le financement n'est accordé qu'après un accord de cofinancement ou une caution.
  • 29 % des entreprises ont subi une diminution des crédits ou facilités de caisse accordés.

Les patrons interrogés sont de plus en plus nombreux à restreindre leurs investissements.

Jean-François ROUBAUD note qu'il existe beaucoup de confusion sur les modalités de réduction des charges, et des risques de transfert de la réduction entre les branches.

D'autre part, le Président de la CGPME refuse de s'engager sur un nombre de créations d'emplois, alors que le MEDEF de son côté promet 1 million d'emplois dans les 5 ans. Jean-François ROUBAUD recherche cependant des contreparties en termes d'amélioration de l'emploi.

Il rappelle que les entreprises embauchent quand elles ont du travail et quand elles en ont  les moyens. Ainsi, à court terme, il n'y a pas de relation directe entre la baisse des charges et l'emploi. Les effets sont sur le long terme 4 - 5 ans. La baisse des charges permettrait d'améliorer les marges des entreprises, qui pourraient alors investir en matériel ou en hommes.

Une contrepartie immédiate :

La CGPME, en partenariat avec Facebook et Work4, a mis en place une page spéciale pour satisfaire des emplois non pourvus. En huit jours, 10 000 offres, souvent en CDI, ont été mises en ligne.


https://www.facebook.com/LesPMErecrutent?v=app_404596412628



Interview de Jean-François ROUBAUD, Président de la CGPME sur BFM Business

Ce 20ème baromètre est disponible sur le site de KMPG (lien pdf) et sur celui de la CGPME (lien pdf).

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OuestGEST, Conseil en crédit management et gestion de PME, assiste les dirigeants et leurs équipes pour réduire le risque-client, diminuer les impayés et améliorer la trésorerie.


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OuestGEST est membre de l'Association Française des Crédits Managers AFDCC.

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